12 heures de pétanque de Hannut

La boulimie des boules

Une centaine de joueurs, un peu plus de spectateurs. A Hannut, les premières 12 heures de pétanque auront été plus spectaculaires que populaires. Dommage

Il faut bien le reconnaître et c'est l'organisateur qui est le premier à le faire : les 12 heures de pétanque de Hannut disputées le samedi 18 décembre au Marché Couvert n'ont pas attiré la foule.  C'est bien dommage car les boulodromes sablonneux solidement ligotés de bois sur le ciment du Marché Couvert méritaient meilleurs sort.  Non pas au niveau de la qualité du spectacle qui était bien au rendez-vous mais plutôt du côté du public beaucoup trop clairsemé sur les gradins montés pour la circonstance.

Les amis de Vincent

Comment réussir la gageure de réunir à Hannut le gratin de la pétanque belge voire étrangère ?  Tout le mérite en revient à Vincent Vanwetswinkel, le plus célèbre boulistes local, champion du monde junior en 1993, collectionneur de titres nationaux et qui compte par conséquent pas mal d'amis dans le milieu des boules.  Un pastis par ci, un pastis par là, parfois un demi ou une bière spéciale et les invitations ont fusé bien avant déjà que le tournoi ne soit définitivement annoncé.  A ce moment-là, les candidats prêts à le disputer étaient d'ailleurs plus nombreux que les possibilités horaires présumées d'occupation des douze terrains indoor tracés au marché couvert.  Il y a donc eu des déçus pour lesquels on essayera de trouver places compensatoires l'année prochaine.  Car ces premières 12 heures, s'étalant en fait de 9 heures du matin à minuit auront déjà duré… 15 heures ! Mais, à la pétanque, on est plus strict sur les points que sur les heures.  Bien heureusement !

Pour faire plaisir à Vincent, actuellement vice-champion de Belgique, 32 équipes s'étaient donc inscrites.  Lui-même s'est alors acquitté de la mission délicate d'en sélectionner 24.  Parmi elles, des Parisiens, des Bruxellois, des Liègeros, des Namurois mais aussi des Flamands de Hasselt et des Ardennais de Saint-Hubert.  De la région, il avait également retenu les Hutois et les Wanzois ainsi que des représentants de Ben-Ahin, d'Omal et l'un ou l'autre Hannutois en renfort de voisins.  Club organisateur, le Carreau hannutois avait en effet besoin de la plupart de ses membres pour vaquer aux aléas de l'organisation supervisée par Pierrot Humblet et Didier Nulluy.

Toute une ambiance

Plutôt que le public, ce sont les boulistes eux-mêmes qui ont mis l'ambiance à cette épreuve d'endurance.  Comme nous le confiait Michael Tollet, un jeune braivois jouant pour le compte d'une formation du premier plan de la capitale, l'atmosphère de la Canebière n'est jamais loin quand on taquine le cochonnet.  Mais les triplettes ont beau avoir droit à un réserviste, ils n'ont pas de Bob.  Et, tant qu'à boire, c'est à l'issue de la partie qu'on le fait et si possible ensemble.

Conviviaux à la buvette, les boulistes se montrent intransigeants sur le terrain où les arbitres doivent parfois faire preuve de fermeté.  Nombre de locaux étaient évidemment recrutés pour ce délicat exercice dont ils se sont d'ailleurs fort bien tirés.

24 équipes de 4 hommes ont ainsi disputé ce magnifique tournoi doté de 105.000 francs de lots.  Elles se sont d'abord affrontées en 4 poules de 2 premières ont joué les 8 premières places, les 3ième et 4ième ont joué les 8 suivantes et les 5ième et 6ième les 8 dernières.  Plusieurs vedettes, dont les champions de Belgique, allaient se voir prématurément éliminés de la lutte pour la victoire qui, après des quart et demi-finales mouvementés, s'est finalement disputée entre 2 formations liègeoises.

Un ancien sociétaire du Carreau local, David Bartholomé, a eu le grand honneur de disputer cette finale mais, malheureusement pour lui, dans le camp des vaincus.  Quand quatuor vainqueur (Hémon, Haulotte, Mommens et Vinck) force est de constater qu'ils valait bien bien triplette.

J.-P. M.

Extrait de Vers l'Avenir de décembre 1999

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