Du soleil, comme si on y était
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Du sable en guise de pistes, et des projecteurs en lieu et place du soleil. Des conseils et des cris, avec et sans l'accent de la Garrigue. Du pastis bien sûr, et du vin de toutes les couleurs, pour faire croire à l'été en plein coeur de l'hiver... Pari tenu, voir même gagné, pour le petit comité, originaire du Carreau Hannutois, qui s'est lancé dans l'organisation des premières "Douze heures de pétanque" de la région. Une envie née lors d'autres rencontres, ainsi que l'explique Pierrot Humblet, président : "Lors de championnats, notamment, nous nous sommes aperçus que le Marché Couvert pourrait convenir au même type d'organisation. Il s'agissait à la fois d'un coup de pub pour la pétanque et le club, de mettre à l'honneur notre Champion du Monde junior 1993, Vincent Vanwetswinkel, et de créer une ambiance soleil". |
Créé voici 38 ans, le Carreau Hannutois est parvenu, lors de cette toute première édition (dont on murmure d'ores et déjà qu'elle ne sera pas la dernière), à rassembler pas moins de 96 joueurs, répartis en 24 équipes de 4 personnes ("Une participation normale, qui n'empêche pas la satisfaction", souriait Pierrot Humblet). Venu d'aussi loin que Paris, Bruxelles, Hasselt ou le Luxembourg, ils entendaient bien profiter de ces 12 heures de soleil en plus Et, qui sait ? Se mesurer aux Champions de Belgique 1999, ou rencontrer, pour le fun ou pour les conseils, le Champion du Monde 1993.
Un champion, aujourd'hui âgé de 23 ans, arrivé à la pétanque par le plus grand des hasards. "C'était en 89. A l'époque, je tirais à la carabine. Un jour, après l'entraînement, on a joué à la pétanque. J'ai trouvé ça amusant, j'ai continué, et voilà !", explique Vincent Vanwetswinkel. Champion de Belgique cette même année, il surpasse les rêves les plus fous des joueurs hannutois en remportant 4 ans plus tard, le titre envié de Champion du Monde junior.
Battant la France en quart de finale ("C'était étrange, un peu comme la France qui bat le Brésil en coupe du Monde de foot !"), il écrase le Maroc en demi-finale (13-0) et sort encore victorieux de la dernière rencontre, avec l'Allemagne (15-0). "La chance, des entraînements de 4 à 6 heures par jour, et peut-être un don" : la recette de ce hannutois bon teint pour parvenir à la plus haute marche du plus haut des podiums !
| S'il joue moins aujourd'hui ("Le milieu de
la restauration ne laisse pas beaucoup de temps"),
au moins de ne s'être classé que deuxième lors des
derniers Championnats de Belgique, le sieur Vanwetswinkel
pourrait écrire 5 tomes rien qu'avec des anecdotes. Et de citer, entre autres, son tout récent voyage aux Iles Maurice et de la Réunion ("Dix-sept jour à la Réunion pour ne jouer que 3 jours ! Le punch coulait à flots, ça se voit rien qu'aux kilos que j'ai ramenés !"); une démonstration à Poitiers, où il a joué avec Philippe Lafontaine et Henri Salvador; le stress de jouer, en maillot de Champion du Monde ("Exactement le même que les cyclistes !") devant 15.000 personnes qui vous attendent au tournant et soupirent toutes en même temps quand vous ratez une boule Autant de souvenirs, entre Belgique, Maroc, Algérie, Tunisie, France et Hongrie, qui lui ont autant appris l'adresse et la concentration que l'amitié. "C'est vraiment extraordinaire, ces liens qui se créent ! Oh, bien sûr, quand on joue, il y a des tensions. Mais pendant la troisième mi-temps, c'est un peu comme au rugby : ça ne compte plus. Tiens, par exemple : à la Réunion, j'ai fait la connaissance de Parisiens très sympas. Je leur ai un peu parlé du tournoi d'aujourd'hui, et ils se sont levés à 3 heures du matin pour être ici à l'heure !". Le soleil dans les curs autant que dans les bouteilles ! |
![]() Vincent Vanwetswinkel, véritable champion des champions parmi les boulistes |
Frédérique Siccard
| Extrait de La Meuse du 24 décembre 1999 |